mercredi 25 août 2010

Comment reconnaître un passionné de montres ?

(heu... étant tombé dedans il n'y a pas si longtemps, je confirme certains tics...)

Lu sur le forum FAM (Forum A Montres) et publié par un de ses modérateurs (et complété par d'autres membres.) 

  • J'enlève ma montre pour me laver les mains même celles étanches à 200, 300 ou 1000 m. (j'en suis pas arrivé là ! au contraire, un peu de savon pour nettoyer un peu, ça fait pas de mal !)
  • Je mets le bras dans le dos lorsque j'imagine un risque de collision de la montre contre un mur ou un objet dur et systématiquement lorsque je croise de trop près quelqu'un dans la rue. (Ah là, oui ! Ca m'arrive ! Et comme je fume, si je suis dans un flux pédestre important, je marche les mains dans le dos ;-) 
  • En vacances, prendre un paysage avec son avant-bras en premier plan pour évidemment photographier sa montre "en situation". (heu... là franchement, faut oser mais ça existe, j'vous jure !) 
  • Je regarde jamais les gens dans les yeux... mais plutôt dans le poignet... Autant dire que les gens qui parlent avec les mains, ça me fatigue très vite. (La phrase est belle ! sans être aussi affirmatif, je regarde moi-aussi la montre de mon interlocuteur ! en espérant aussi qu'il a une belle montre et qu'on pourra se brancher sur le sujet - oui ça marche, j'vous promets !)
  • Au moment où je m'achète une nouvelle montre, je pense instantanément à la prochaine... (Là, j'attends quand-même  plusieurs mois !)
  • Le pire truc que me fasse faire les montres je crois que c'est d'en parler tout le temps et de saouler sévèrement ma femme mais je gonfle un peu aussi mes potes. (heu... ça commence et c'est dur de ne pas faire partager ce qu'on aime... mouais mais comme c'est un truc de dingue, votre collègue, ami(e), famille a un peu de mal à saisir votre passion pour un truc qui n'est fait que pour donner l'heure ! Certes, ce que vous dites n'est pas faux !)
  • Je suis tout le temps en train d'essuyer les traces de doigts sur le verre. (tout le temps, non mais de temps en temps seulement, ouf !)
  • Je regarde souvent ma montre mais je ne sais pas l'heure qu'il est. (ah là, oui ! c'est là que je me rends compte que c'est grave !)
  • J'envisage des achats pour 2014 (2011-2012 pour moi !)
  • Je passe négligemment la montre dans mon dos pour essuyer le verre discrètement sur ma chemise. (très très souvent !!! oh oui !)
  • Je pose mon bras sur un endroit stable, je donne un petit mouvement du poignet et je maintiens mon bras immobile. Et là oh magie ! L'inertie du balancier fait bouger ma montre et mon poignet, je trouve ça fabuleux. Là je pense que c'est grave.... (peut-être grave mais ça, je n'ai pas essayé ! pas encore ! et je savais même pas que ça existait ce truc ! Truc de ouf !)
  • Ne pas allumer dans les toilettes pour voir sa montre briller !!! (J'assume, j'ai testé ! sauf que la mienne dans la pénombre ou sous une faible lumière artificielle brille facilement ! ce qui fait que je la regarde encore un peu plus... ouais alors là c'est grave pour moi !)

Une anecdote d'un FAMeur (c'est le nom attribué aux membres du forum horloger), cette petite  histoire étant relativement dingue je trouve ça assez émouvant. Comme quoi, on peut faire beaucoup de choses pour l'objet de son désir.

"Il y a 3 ans de ça je cherchais une 111 (modèle d'une montre de la marque Panerai) depuis 6-8 mois, mais impossible d'en trouver une. Je cherchais comme un mort de faim sur tous les sites mais rien de rien.
Un matin, j'arrive au boulot, j'ouvre FAM et pouf, que vois-je une annonce de vente (de la part d'un sympathique membre qui se reconnaitra ).
Ni une ni deux, j'envoie un mail et la réponse me parvient quelques minutes après : désolé, quelqu'un s'est déjà manifesté....
Aaaaaaaaaaahhhhhhhhhhh !!!
Je renvoie un mail totalement désespéré dans lequel j'implore sa pitié, exprime toute ma détresse et lui dit que je suis prêt à débarquer chez lui le lendemain matin à la première heure avec l'argent en liquide.
Compte tenu de ces conditions qui évite un envoi par la poste toujours un peu stressant, mon vendeur accepte ma proposition. Je jubile !
Le soir, je fonce comme une balle à ma banque 5mn avant la fermeture. Je demande 3200€ en liquide. La guichetière me regarde avec des yeux de merlan frit et me dit que ça ne va pas être possible.
Même cinéma, je l'implore pratiquement à genoux de me donner mon argent.
Finalement, j'arrive à mes fins.
Le lendemain matin, levé à 5h du mat', je monte dans la voiture et c'est parti pour 500 km à fond de train pour traverser une partie de la France/Suisse/Allemagne. Arrivée à 11h chez le monsieur. Réception et paiement de la belle, une bière et un petit repas pour la route et hop, on repart dans l'autre sens.
Et voilà comment j'ai pu acquérir ma PAM111 en une journée de route."

Un photo de la fameuse Panerai :


"Officine Panerai" est une maison horlogère italienne fondée à Florence en 1860 et fournira la Marine Italienne de 1938 à 1993.) Ce sera Sylvester Stallone, en tournage en Italie, qui relancera la marque pour en avoir acheté quelques-unes et les offrir à ses amis (dont le gouverneur de Californie...) Si vous voyez tout le monde avec de grosses montres, sachez que Panerai y-est un peu pour quelque chose avec l'aide de Sly & Arnie the governator !

J'espère que j'ai réussi à vous faire rire ou sourire un peu !


vendredi 20 août 2010

Quote

Judge me by my watch (either positively or negatively), and you are the one who is an asshole.

(thanks to jeddler for the quote, it's so true.)

jeudi 3 juin 2010

Pourquoi ça brille la nuit ?

En trainant un peu sur un forum sur les montres, j'ai vu que le produit luminescent qu'on met sur celles-ci pour voir l'heure la nuit parce que quand y'a pas ça on voit rien du tout et que c'est pas facile de lire l'heure du coup en pleine nuit, dans une cave sans lumière, dans un placard en attendant que le mari s'en aille, quand y'a une panne de courant la nuit et qu'on voit rien partout partout ou qu'on est avec sa torche électrique la nuit tout seul sur le bord de la route car la voiture est en panne et que d'un seul coup les piles de la torche sont nazes et qu'on a beau taper au cul, ça marche pas et qu'on a l'air con car on voit plus rien, si vous voyez c'que j'veux dire, hé bah c'est de l'aluminate de strontium et ça a la propriété de stocker la lumière (naturelle ou artificielle) et de la redistribuer la nuit (ou quand il fait noir par exemple quand vous faites de la plongée en profondeur et que le soleil n'arrive plus à traverser l'eau pour vous éclairer suffisamment pour pouvoir regarder l'heure mais là heureusement vous avez certainement une torche qui marche (j'espère qu'elle est étanche la votre sinon elle va pas marcher longtemps dans l'eau ! et ça serait un peu con quand même, non ?) contrairement à ce qui vous est arrivé en voiture l'autre fois en pleine nuit et que vous aviez l'air con. Tout ça pour dire que les grands noms de l'industrie horlogère suisse (bref en deux mots, des anti-asiatiques, vous savez les petits chinois qui bossent comme des dingues et sont payés un dollar par jour, je disais donc des types pas trop pour les asiatiques (surtout, enfin vous avez compris, à cause de la surproduction évidemment mais vous l'aviez deviné, même si ce qu'il vous est arrivé en voiture l'autre fois, ça veut pas dire que vous êtes cons quand même faut pas charrier !) et ils sont Européens comme nous (sauf qu'eux, Bruxelles...) mais qui sont pas intégrés à la zone euros parce que nous les Suisses ont veut bien des euros mais mis dans nos banques et qu'on va pas acheter du Toblerone, nous en Suisse, avec des euros, vous vous rendez compte ! et puis vous saviez que la forme du Toblerone bah c'est au départ un truc en béton qui était autour de notre frontière pour éviter que les chars Panzer, Tiger, T-34 soviétiques ou Sherman viennent nous emmerder en 40 et bombardent nos lacs si paisibles mais c'était surtout le petit avec sa brosse à dents sous le nez qui habitait au dessus et le gros nourri au risotto qui habitait au dessous quoique l'ours de Sibérie avec son regard de vicieux et sa moustache... bah oui, encore un et qui en plus se gavait de boeuf Stroganov servi avec de la kacha et qui reprenait deux fois du bortsch car il avait encore faim ! un truc de ouf !) qui refusent pour la plupart de fabriquer des montres avec des mouvements à quartz (même si la Collection Celini* et un modèle Osyter en ont un...) parce que c'est pas de l'horlogerie mais simplement de l'électronique et que c'est vrai ça !) raaaaaaahhhh pfffffouuuuuuuu (z'inquiétez pas je reprends mon souffle, aaaahhh ça va mieux !), bah en fait c'est pas radioactif (enfin presque...) le truc que mettent les Suisses sur leurs belles montres qui font tic-tac (et pas tic tic tic chez les "quartz" !), non c'est pas (oh...si peu) dangereux et ce qui est bien c'est que la luminescence, même si votre montre a 40 ans (trouvez-moi une montre à quartz qui marche encore à cet âge-là !), là ça marche toujours. Pourquoi vous croyez que Rolex y met ça sur ses tocantes, hein !!!!???(ils appellent ça le SuperLumiNova, non Mamie Nova, même si elle est super brillante côté yaourts... c'est pas elle) Et même que si, comme dit le cousin de Pascal, alors qu'il vient (Pascal) d'acheter le dernier petit nouveau de chez Beretta et que même Berthe elle était surement au courant qu'il l'avait eu son flingue pour le combat rapproché, "le prix s'oublie, la qualité reste" hé bah il a raison ! Toutefois, ça n'a pas toujours été de l'aluminate de strontium (c'est assez récent), sulfate de zinc, tritium… Les premières peintures luminescentes étaient à base de radium 226 (extrêmement radioactif celui-là) mais c'est une autre histoire ! Pierre et Marie Curie d'ailleurs en connaissaient un rayon (oh ! elle était facile celle-là !)

dimanche 30 mai 2010

Rolex - Oyster Perpetual

Comment certifier que sa montre est un chronomètre ?

La réponse possible vient du COSC.

Qu'est-ce que le COSC ?

Fondé en 1973 dans ses structures actuelles, le COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres) est, aux termes du code civil suisse, une association sans but lucratif, reconnue d'utilité publique. Il a été crée par cinq cantons horlogers (Berne, Genève, Neuchâtel, Soleure et Vaud) ainsi que par la Fédération de l'industrie horlogère suisse. Il regroupe des laboratoires qui avaient été établis indépendamment les uns des autres dès la fin du 19ème siècle.


Ne pas confondre "chronomètre" et "chronographe" :

le chronomètre est une "Montre de précision réglée dans différentes positions et sous des températures variées, et ayant obtenu un bulletin officiel de marche" ; alors que le "chronographe" est une "Montre de précision, munie d'un compteur qui permet de mesurer et d'afficher des intervalles de temps."


Mauvaise publicité :

Dans le Journal Libération (mars 2009), on pouvait lire : Le publicitaire Jacques Séguéla qui avait défrayé la chronique début février en affirmant sur France 2 que "si on n'a pas de Rolex* à 50 ans, on a raté sa vie" achètera, après avoir présenté ses excuses sur l'antenne de Canal+ en avouant que "c'était la plus belle connerie de (sa) carrière", une Rolex* pour la mettre aux enchères chez Sotheby's au profit de trois associations.

Si la marque Rolex* n'avait pas été tant citée depuis longtemps (hormis la Daytona* présidentielle), l'adjudication fut misèreuse… 8.000 euros. Comme quoi, on peut être publiciste (ou publicitaire ?) et rater sa pub. On pourrait aussi reprendre les interrogations de Pierre Desproges : "Jacques Séguéla est-il un con ? La question reste posée…"


Un peu de technique et d'histoire :

La plupart des montres Rolex* en acier utilise le type 904L ; c'est un alliage parfois appelé acier inoxydable super austenitique. Il est composé essentiellement des métaux suivants :

Nickel : associé au cuivre il offre une très bonne résistance à la corrosion.

Chrome : métal dur de couleur gris acier-argenté. Il résiste à la corrosion et au ternissement et offre un fini brillant après polissage.

Molybdène : permet de durcir l'acier et renforce énormément la résistance à la corrosion (pour une utilisation en milieu marin par ex.)

Cuivre.

De plus, cet acier n'a pas de propriété magnétique.


Un petit historique :

1905 : Hans Wilsdorf crée à Londres une fabrique de montres.

1906 : Brevet déposé pour le bracelet extensible.

1908 : Fondation de la marque Rolex*

1910 : 1re certification des mouvements par le COSC.

1914 : installation à Genève.

1927 : première montre-bracelet étanche. La toute première date de 1885, appelée "L'Imperméable", elle était fabriquée par West End Watch Co.

Ce serait au cours d'un diner que Hans Wilsdorf, éprouvant une certaine difficulté à ouvrir des huitres, aurait souhaité avoir une montre aussi hermétique que celles-ci. Ainsi serait né la collection mythique "Oyster*".

Wilsdorf, qui était aussi un génie du marketing, sponsorise Mercedes Gleitze pour prouver l'étanchéité du modèle (la montre, pas la nageuse !). Miss Gleitze sera la première femme à traverser la Manche le 7 octobre 1927. Comme quoi, Wilsdorf était un maitre en publicité bien avant JS.

1928 : Première utilisation du "rotor" sur une montre-bracelet (procédé déposé le 23 décembre 1778 par l'horloger liégeois Hubert Sarton à l'Académie des Sciences) avec enroulement automatique dit "perpétuel".

1945 : première montre au monde à afficher le jour du mois.

1953 : première montre étanche à résister à une profondeur de 100 mètres.


Toujours conscient de l'importance du marketing, Rolex* sponsorise ou s'associe à bon nombre d'évenements artistiques mais surtout sportifs (la 1re ascension de l'Everest avec Edmund Hillary, le tournoi de tennis de Wimbledon, le record de vitesse automobile de Malcolm Campbell en 1935), la maison helvétique fait aussi appel à des ambassadeurs comme Diana Krall, Placido Domingo, Roger Federer, Jackie Stewart, Hermann Maier ou encore Tiger Woods.


D comme Datejust* :

Le modèle Datejust* existe en plusieurs tailles : 26 mm. (lady-datejust*), 31 mm., 36 mm. et 41 mm. pour le dernier modèle (datejust II*). Toutes possèdent un mécanisme à 31 rubis, sont étanches jusqu'à 100 mètres, certifiées chronomètre à mouvement automatique. Les métaux utilisés, que ce soit boitier, bracelet ou encore lunette, vont de l'acier jusqu'au platine. Il existe aussi le Rolesor* par la combinaison de deux métaux (l'or blanc, jaune ou Everose* et l'acier par exemple.) L'Everose* est un alliage déposé par Rolex* combinant l'or à 76%, le cuivre à 22% et le titane à 2%. Contrairement à l'or rose traditionnel (contenant du zinc à 2%), le titane procure à l'alliage, selon Rolex*, l'inaltérabilité et le maintien de la couleur rose.

Le modèle Oyster* est décliné en plusieurs variantes. Hormis le type Air-King*, Perpetual*, Date*, Datejust*, Day-Date* qui sont des montres de tous les jours à l'allure sportive, d'autres ont un côté plus spécifique ou professionnel :

L'Explorer II* est capable de lire sur 2 fuseaux horaires très facilement.

La Submariner* à lunette tournante pour le contrôle du temps de palier de décompression étanche jusqu'à 300 m.

Deepsea* : montre de grande plongée (étanche jusqu'à 3.900 m.) avec fermoir aisément adaptable à la combinaison de plongée et valve d'échappement.

GMT-Master* : semblable à l'Explorer* en plus d'une lunette céramique avec chiffres gravés en creux et protection du remontoir.

Yacht-Master* : semblable à l'Explorer* mais avec lunette tournante gravée en relief et protection du remontoir.

Yacht-Master II* & Regata* : Chronographe de régate avec programmation et synchronisation de compte à rebours (de 0 à 10 mn.), lunette tournante et protection de la couronne de remontoir.

Cosmograph Daytona* : Chronographe, lunette graduée pour la lecture instantanée de la vitesse horaire etc., poussoirs à vis, protection de la couronne de remontoir.

Milgauss* : chronomètre automatique paramagnétique (résistant à 1000 gauss - d'où le nom) avec possibilité d'avoir une glace en saphir vert (le gauss est une unité de mesure du champ magnétique. Par comparaison, le champ magnétique terrestre est de 0,5 gauss, celui d'un petit aimant est de 100 gauss.) La Milgauss*, créée en 1948, fut abandonnée en 1988 à cause de son échec commercial. Curieusement, la cote grimpa de manière vertigineuse peu après. La Milgauss* fut "remise en service" en 2007. Elle est très reconnaissable par sa trotteuse orange en forme d'éclair. D'un diamètre de 41 mm. pour 147 grammes, elle n'existe qu'en acier à cadran blanc ou noir.


Par son succès et sa qualité de fabrication, les montres de la société suisse sont victimes de la contrefaçon (c'est d'ailleurs une des marques les plus ciblées dans ce domaine.) ; tellement que si vous en portez une, on vous demandera si elle est authentique.

Les quelques reproches que je pourrais faire à cette maison est l'utilisation du quartz pour un de ses modèles de la gamme Cellini* mais aussi la mauvaise habitude de transformer des montres de sport en bling-bling à diamants dignes d'émirs du moyent-orient (il y en a tellement parfois qu'on ne verrait presque plus l'heure) ou des gros modèles tout en or dignes de "démocratiques" dignitaires africains.

L'ultime et peut-être le plus sévère reproche est le manque d'innovation aujourd'hui. J'ai l'impression que la société helvétique s'endort sur ses lauriers : à quand des mouvements à complications ? Rien que pour le plaisir des yeux, allez faire un tour chez Patek Philippe pour admirer la Sky Moon Tourbillon 5002P ou chez IWC avec la Grande Complication 3770.


* : sauf erreur ou omission, toutes les appellations en italique suivies d'un astérisque sont déposées et appartiennent à Rolex SA.


dimanche 23 mai 2010

Bad Lieutenant (Abel Ferrara - 1992)

Tout comme dans "King of New York", il y a dans "Bad Lieutenant" une nécessité de rédemption. Rédemption, violence, New-York : voici ce que l'on peut trouver chez Abel Ferrara. Si vous connaissez Harvey Keitel (Reservoir Dogs, Bugsy, Thelma & Louise), vous l'aimerez dans "Bad Lieutenant" (et puis si vous ne le connaissez pas encore, vous l'aimerez surement.) C'est l'histoire d'un flic new-yorkais corrompu, drogué, endetté par le jeu qui, suite au viol d'une religieuse, cherche la rédemption. Le chemin qui mène au pardon. On peut contester l'apparente facilité d'Abel Ferrara en opposant le bien par la représentation de la religion et le mal par la corruption, le jeu, l'alcool et la drogue. Ce n'est qu'apparent. Parabole sur la rédemption, oui, c'est évident ; mais lorsque celle-ci est réalisée de main de maitre et jouée par un acteur exceptionnel, il n'y a plus à hésiter, il faut voir, regarder, vivre ce film.
(la suite dans quelques jours !)

samedi 15 mai 2010

Chugyeogja (The Chaser)

Dans tout pays, le cinéma a ses tics et ses travers. Le cinéma sud-coréen n'échappe pas à la règle : parfois d'une extrême violence, parfois d'une extrême lenteur. L'extrême violence peut être le moteur de certains films comme "Oldboy" de Park Chan-wook. Par violence, j'entends la violence physique et morale. Elle est presque trop envahissante dans ce film et je me demande pourquoi le sentiment de vengeance (ce film fait partie d'une trilogie libre sur ce thème) nous plonge dans une folie quasi inhumaine. Si vous ne connaissez pas le cinéma sud-coréen, ne commencez pas par ce film. Et malgré ses différentes récompenses - dont le Grand Prix du Jury à son réalisateur au Festival de Cannes - ce n'est pas forcément, tout au moins à mes yeux, son meilleur film. Choisissez plutôt "J.S.A.: Joint Security Area". Ce film représentant la "guerre froide" entre Séoul et Pyongyang se passe sur la zone démilitarisée entre les deux Corée. Un soldat sud-coréen est présumé avoir tué deux soldats du nord. Une enquête est menée par une militaire suisse d'origine sud-coréenne pour savoir ce qui s'est effectivement passé. En résumé ce très beau film parle de l'amitié entre des militaires, qui sont avant tout les hommes d'un même pays, que sépare un frontière. Un excellent film, touchant, émouvant, très bien réalisé et des acteurs très impliqués.

Au départ je ne voulais pas parler de Park Chan-wook mais du dernier film que je viens de voir.

Il s'agit de "The Chaser" (Chugyeogja) tourné en 2008 et premier film du réalisateur, lui aussi sud-coréen, Na Hong-jin. J'avoue qu'après 10 minutes, je me suis demandé si j'allais tenir jusqu'au bout. Commencer le film par le meurtre d'une jeune femme à l'aide d'un marteau et d'un burin… j'étais assez mal à l'aise (n'étant pas un adepte des films "gore", il était difficile de se sentir autrement.) Heureusement, si je puis dire, le sang s'est arrêté de couler (mais ce n'est que partie remise.) Au départ, l'ex-flic devenu souteneur voit ses filles disparaitre au fur et à mesure. Pensant à un concurrent qui les lui prend, il fait tout pour le retrouver. C'est toujours par le même numéro de téléphone que sont appelées les filles qui disparaitront. La dernière fille tente d'aider son "patron" en lui indiquant l'adresse du kidnappeur présumé, malheureusement il lui est impossible d'envoyer un sms par absence de réseau. Tiré, hélas, d'un événement réel impliquant un tueur en série aux 12 cadavres, c'est évidemment un film horrible et difficilement supportable - le sujet n'aspirant pas au romantisme - remarquablement bien filmé, d'un noir étouffant où l'on ne peut s'empêcher de penser "mais pourquoi ?". Un film où l'on voudrait tant que l'ex-flic se presse encore plus pour rattraper cet homme aussi monstrueux. Que ce soit l'ex-flic, le tueur en série, la dernière femme kidnappée (malgré un rôle très court mais essentiel), ou encore sa petite fille (d'une tendresse exceptionnelle, extrêmement touchante par compassion pour sa mère et par son jeu remarquable), c'est un thriller exceptionnel dans une Corée contemporaine.

Là encore, la marque de fabrique de ce pays est ici bien présente : la nuit et la pluie. Le bruit de la pluie résonne comme une musique et teinte curieusement l'atmosphère.

Au final, même si ce film est réellement noir et angoissant, il faut le voir au moins une fois (et c'est un minimum.) Le fait d'impliquer le spectateur comme s'il était le miroir du protagoniste ne peut que renforcer le pouvoir quasi hypnotique des images. Vous comprendrez que ce film laisse une trace assez longue après sa vision. Une double persistance rétinienne. Le mouvement et la mémoire.

Voici la bande-annonce :


mercredi 14 avril 2010

Les Vampires

Les Vampires, film de Louis Feuillade tourné en 1915, est un des plus réussis dans son genre. Oui mais c'est quoi cette histoire de vampires ??? Tout d'abord, il n'y a aucun lien avec Dracula ou Nosferatu. Bram Stoker n'y est donc pour rien. Il s'agit en fait d'un gang parisien prêt à tout pour escroquer son prochain ;-)
On y retrouve l'une des muses du mouvement surréaliste, Musidora, première Vamp du cinéma européen (l'Américaine Theda Bara étant la toute première.) C'est aussi l'une des premières femmes réalisatrices d'Europe. Actrice de théâtre, professeur et écrivain, elle travaillera après-guerre auprès d'Henri Langlois à la Cinémathèque Française.
"Les Vampires" est un film teinté* en 10 épisodes (6h. 20). Musidora y joue le rôle d'Irma Vep (anagramme de Vampire), danseuse de cabaret. Un journaliste (sorte de Fandor) nommé Philippe Guérande (Edouard Mathé) enquête sur cette organisation criminelle avec l'aide d'un vampire repenti, Mazamette (Marcel Lévesque) et son fils Bout-de-Zan (acteur vedette de plus de 60 films et court-metrages muets.)
Malgré son "grand âge", c'est un film à voir. Certes, il subsiste encore un côté parfois théâtral où le spectateur est pris à témoin mais c'est jubilatoire ! Péripéties multiples, cascades, portes dérobées, cachettes multiples, trucages variés, complots divers, etc. sans compter le burlesque très réussi de Marcel Lévesque. Musidora est exceptionnelle (tout comme dans Judex du même réalisateur), Edouard Mathé joue un journaliste passionné par son enquête, élégant et distingué (à mes yeux un très grand acteur, ici), les autres ne sont pas en reste. Il faut croire que Feuillade reconnaissait l'immense talent de Musidora puisqu'elle tient le rôle principal d'anti-héros, ce qui n'était alors pas si courant. Pearl White, héroïne dans le rôle cette fois d'une aventurière, sera son pendant de l'autre côté de l'Atlantique (The Perils of Pauline, 1914.)
Un film merveilleux auquel Olivier Assayas rendra hommage en 1996.
* : le film teinté se présente par des scènes sépias (séquences de jour ou d'intérieur par ex.), vertes (la campagne), bleues (la nuit), rouges (un incendie !), etc. C'était un procédé très en vogue à l'époque. On le retrouve évidemment chez Feuillade mais aussi chez Robert Weine dans Le Cabinet du Dr Caligari, 1919.

mardi 13 avril 2010

Doktor Mabuse, der Spieler


Il est difficile de parler de ce film réalisé par Fritz Lang tant de choses ont été écrites sur une oeuvre aussi riche. Même si le film de Lang, tourné en 1922, n'atteint pas le chef d'oeuvre que sont "M" et "Metropolis", il n'en reste pas moins un très grand film. Comme beaucoup de ceux tournés par Lang (mais on a vu pire comme "La Passion de Jeanne d'Arc" de Carl Dreyer), "Doktor Mabuse" n'a pas échappé aux coupures sauvages. Aujourd'hui, et selon les versions, la durée du film oscille entre 200 et 300 minutes (ayant la 1re fois vu une version de 2 heures, on n'y comprenait plus grand chose et pourtant la musique qui l'accompagnait était magnifique.) Film du mouvement expressionniste (même si Lang ne s'en sentait pas le porte parole) décrivant la lutte du bien contre le mal, l'échec de la République de Weimar, la quête du pouvoir par la destruction, la manipulation mentale, Mabuse n'est donc pas qu'un simple thriller montrant un procureur tentant de mettre derrière les barreaux un gangster. Lang (comme presque toujours) fait une étude psychologique de ses personnages. Mabuse est un joueur et ses jouets sont des êtres humains. Mabuse est un homme cruel, sans pitié, d'une froideur glaciale et doué d'étonnantes capacités intellectuelles au service du mal pour son propre bien. Evidemment c'est un film muet (ce qui peut en rebuter plus d'un) mais la précision et l'étonnante maitrise du montage, les plan rapprochés, le maquillage accentué de ses acteurs (excellents), l'usage des surimpressions pour ajouter un côté surréel au film apporte à celui-ci la parole que la technique d'alors ne peut lui donner.
Vous comprenez donc que ce fameux "Doktor" est un film à voir et à revoir pour en apprécier la multitude de détails. Reste à savoir si vous n'êtes pas réticent à regarder un film âgé de 80 ans, muet, d'une durée de près de 5 heures et en noir et blanc !
Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille de lire la critique, très complète, publiée sur le site Dvd Klassik.

lundi 12 avril 2010

The Mentalist


Ah oui ! Ah oui ! Oh oui....
La saison 2 de "The Mentalist" commence ce soir sur TPS Star ! Qu'il est beau Patrick Jane (Simon Baker) !

Flash Gordon


Il est temps de parler de Flash Gordon !
Il est évident qu'il n'a pas fait une aussi brillante carrière que Superman ou autres héros de Marvel…
Certes, et pour sa défense, les essais cinématographiques n'ont pas été réellement probants. L'adaptation des années 80 pâtit grandement de son acteur principal Sam J. Jones. Ne parlons pas de la série récente diffusée sur SyFy Channel… déplorable.
Flash Gordon semble, au cinéma ou à la télévision, un relatif échec contrairement à d'autres héros comme Superman, Batman, Spiderman et autres X-men. Non seulement les qualités des dessins et scenarii de ces derniers perdurent mais se sont valorisées (renforcées ?) avec le cinéma. "Renforcées" peut-être pas pour tous mais certainement "popularisées". Il n'empêche que retrouver l'originalité du créateur (ou en prolonger la veine) n'est pas chose évidente, surtout après des adaptations au cinéma.
Crée en 1933 par Alex Raymond (dessinateur entre autres de Rip Kirby, Secret Agent X-9 et Jungle Jim), l'attrait de l'un des premiers grands héros de l'âge d'or des Comics (avant Superman en 1938) est avant tout et essentiellement visuel. N'allez pas chercher des dialogues d'anthologie là-dedans (ce qui est un peu dommage), c'est surtout l'image qui rythme l'action. Je n'irai pas jusqu'à dire que les dialogues sont superflus (quoique, les "bulles" sont rares, c'est plutôt un texte narratif qui s'insère dans le dessin) mais si l'on transposait l'original au cinéma, on serait plus proche du muet (à condition, et heureusement, d'y ajouter de riches intertitres.) Il n'empêche. Le dessin d'Alex Raymond est nerveux, vif, élégant, vivant et imaginatif. De la très belle science-fiction.
Tout commence par l'arrivée d'une étrange comète mettant en péril la vie sur terre. Tandis que le Dr Hans Zarkov tente de mettre au point un système pour la faire dévier, on découvre Flash Gordon dans un avion transcontinental, diplômé de Yale et joueur de polo professionnel en compagnie de Dale Arden qui n'est encore qu'une simple passagère. L'avion, touché par une météorite, va pour s'écraser. Flash sauve Dale Arden pour se parachuter auprès de l'observatoire de Zarkov. Ce dernier, à demi fou, les prenant pour deux espions, les force à s'envoler avec lui dans une fusée afin de détourner la comète. C'est l'échec. Ils atterrissent sur la planète Mongo, empire de l'impitoyable Ming.
Flash Gordon ressemble par beaucoup à Buck Rogers ; en effet, le King Features Syndicate se devait de trouver un concurrent au personnage du National Newspaper Syndicate. Si Buck fut le premier héros de science fiction, Flash fut le deuxième. Il est vrai que l'Amérique a besoin de héros !
Quant à l'empereur Ming, je ne peux ne pas penser au Dr Fu Manchu (brillamment illustré au cinéma par Boris Carloff.) Incarnation du péril jaune tous les deux, ils incarnent la cruauté digne des supplices chinois les plus élaborés. Edgar P. Jacobs reprendra l'idée du péril jaune dans un de ses "Blake et Mortimer" : "Le Secret de l'Espadon" avec l'infâme Basam Damdu. Jacobs, suite à l'interdiction nazie de publier Flash Gordon, prendra un court moment la plume pour terminer l'histoire. "Le Rayon U" dessiné juste après en 1943 prend un peu du style de Raymond.
Et les femmes dans tout ça ??? Beaucoup, beaucoup, beaucoup docteur ! Il faut dire que Flash aime bien montrer ses pectoraux (un fabricant de chemises ferait fortune avec lui tellement il en déchire !) et que ce grand gaillard aux cheveux blonds ne manque pas de charme. Même s'il est fidèle à Dale (une belle jeune femme aux cheveux noirs à reflets bleus), beaucoup de charmantes jeunes femmes lui tournent autour (la fille de l'empereur Ming par exemple). Dale est un peu chiante parfois à cause de sa jalousie mal placée, un peu dinde aussi. Il n'empêche que Raymond rend ses filles sexy et que c'est bien agréable ;-)
(la planche ci-dessus est le premier strip de la série publiée le 7 janvier 1934)

P!nk


P!nk live at London Arena, Dec. 2006.

Si vous aimez le genre (et même si vous n'êtes pas un fan de P!nk), précipitez-vous sur ce concert en dvd. 90 minutes de véritable spectacle. Une voix, un physique (athletique), une présence, des danseuses... tout quoi ! Une pure merveille.

Jane Siberry


Jane Siberry est une auteur-compositeur canadienne née le 12 octobre 1955 à Toronto.

Après des études de biologie, elle débute sa carrière musicale en 1980-1981 avec un album éponyme autofinancé et auto-produit où elle est à la fois auteur compositeur et interprète. Malheureusement et injustement méconnue en Europe, Jane Siberry est une grande artiste. Sa voix est aérienne et pleine de poésie.

Son site internet : www.sheeba.ca

The Spirit


Bonjour à tous :-)

Même si le sourire de la ligne précédente n'est pas trop d'actualité, j'avais envie de parler de la bd récemment reçue (mercredi exactement) par courrier (merci à DC Comics pour la re-publication en tout cas.)

Il est possible sinon fort probable que peu d'entre vous connaissent Will Eisner. Moi oui (sinon je n'en parlerais pas ! pas con comme réflexion, non ? heu... bof)

Il y a longtemps, très longtemps, René Goscinny (L'auteur du Petit Nicolas avec Sempé, et Astérix le Gaulois avec Uderzo mais aussi rédacteur en chef du journal Pilote pendant une dizaine d'années) avait publié un dictionnaire de la bande dessinée. On y trouvait les pionniers (le suisse Caran d'Ache), les classiques américains (Lee Falk, Bob Kane, Stan Lee, Siegel et Shuster) ainsi que les Belges (Franquin pour ne citer que lui, et une pensée émue à Guy Peellaert avec la très "pop-art" et psychédélique Jodelle.) Parmi eux figurait "The Spirit". Des années plus tard, je retrouve ce justicier US en couleurs et en Anglais... le voici :

Le personnage d'Eisner est le héros typique des films noirs américains des années 40. Ce n'est pas un "super-héros" comme Batman ou Superman. The Spirit (de son vrai nom Denny Colt) est un criminologue et détective privé qui passera pour mort pour "mieux" rendre la justice avec la complicité d'un vieux flic fumeur de pipe nommé Dolan. Il est d'ailleurs assez amusant que dans bon nombre de cas, au cinéma ou dans les téléfilms, les "vieux" flics aient 20 ans de carrière. (Est-on vieux au bout de 20 ans de labeur ? Mais je m'égare comme disait Austerlitz.)

Ce qui est intéressant chez Eisner c'est qu'il ne veuille pas créer un film dessiné (sinon, autant faire un story-board) mais bien un "comic strip" court pour adultes faisant intervenir des personnages humains (parfois inhumains) sans super-pouvoirs. The Spirit est un mélange d'humour parfois acide, de noirceur, d'amour. On y trouve un chauffeur de taxi noir américain (avec un accent... mon dieu ! "He am nothin' ob de sort! he iz a powful busy man!") qui finira vite par être le chauffeur privé de Colt. Pourquoi je tombe toujours sur vous quand je hèle un taxi? demande Colt. Parce que je suis le plus rapide! répond Ebony White, le taxi. Il y a aussi quelques criminels bien sentis, psychopathes, chimistes et docteurs cinglés, femmes fatales (the mouthpiece Black Queen) une séduisante blonde nommée Ellen mais aussi des innocentes victimes du vice et du crime... il arrive parfois et à son grand désespoir que the Spirit ne puisse pas sauver la vie de ces innocents...

Contrairement aux super-héros, the Spirit n'a qu'un discret masque noir, un costume bleu, un chapeau et des gants. Il est grand, athlétique et sait se servir de ses poings. Son environnement (laboratoire et "home sweet home" est le cimetière abandonné de Wildwood (situé à New-York puis à Central City.)

Les aventures tiennent en une publication de 16 pages le dimanche. Les histoires sont donc courtes et n'ont pas de lien les unes aux autres (contrairement à Flash Gordon par exemple.) Ce que voulais Eisner, c'était la liberté. Travailleur acharné, il dessinera et écrira jusqu'à un age avancé et participera à moult conventions et retrospectives jusqu'à sa mort en 2005.

Vous pouvez aller visiter le site officiel de Will Eisner à cette adresse : www.willeisner.com