mercredi 14 avril 2010

Les Vampires

Les Vampires, film de Louis Feuillade tourné en 1915, est un des plus réussis dans son genre. Oui mais c'est quoi cette histoire de vampires ??? Tout d'abord, il n'y a aucun lien avec Dracula ou Nosferatu. Bram Stoker n'y est donc pour rien. Il s'agit en fait d'un gang parisien prêt à tout pour escroquer son prochain ;-)
On y retrouve l'une des muses du mouvement surréaliste, Musidora, première Vamp du cinéma européen (l'Américaine Theda Bara étant la toute première.) C'est aussi l'une des premières femmes réalisatrices d'Europe. Actrice de théâtre, professeur et écrivain, elle travaillera après-guerre auprès d'Henri Langlois à la Cinémathèque Française.
"Les Vampires" est un film teinté* en 10 épisodes (6h. 20). Musidora y joue le rôle d'Irma Vep (anagramme de Vampire), danseuse de cabaret. Un journaliste (sorte de Fandor) nommé Philippe Guérande (Edouard Mathé) enquête sur cette organisation criminelle avec l'aide d'un vampire repenti, Mazamette (Marcel Lévesque) et son fils Bout-de-Zan (acteur vedette de plus de 60 films et court-metrages muets.)
Malgré son "grand âge", c'est un film à voir. Certes, il subsiste encore un côté parfois théâtral où le spectateur est pris à témoin mais c'est jubilatoire ! Péripéties multiples, cascades, portes dérobées, cachettes multiples, trucages variés, complots divers, etc. sans compter le burlesque très réussi de Marcel Lévesque. Musidora est exceptionnelle (tout comme dans Judex du même réalisateur), Edouard Mathé joue un journaliste passionné par son enquête, élégant et distingué (à mes yeux un très grand acteur, ici), les autres ne sont pas en reste. Il faut croire que Feuillade reconnaissait l'immense talent de Musidora puisqu'elle tient le rôle principal d'anti-héros, ce qui n'était alors pas si courant. Pearl White, héroïne dans le rôle cette fois d'une aventurière, sera son pendant de l'autre côté de l'Atlantique (The Perils of Pauline, 1914.)
Un film merveilleux auquel Olivier Assayas rendra hommage en 1996.
* : le film teinté se présente par des scènes sépias (séquences de jour ou d'intérieur par ex.), vertes (la campagne), bleues (la nuit), rouges (un incendie !), etc. C'était un procédé très en vogue à l'époque. On le retrouve évidemment chez Feuillade mais aussi chez Robert Weine dans Le Cabinet du Dr Caligari, 1919.

mardi 13 avril 2010

Doktor Mabuse, der Spieler


Il est difficile de parler de ce film réalisé par Fritz Lang tant de choses ont été écrites sur une oeuvre aussi riche. Même si le film de Lang, tourné en 1922, n'atteint pas le chef d'oeuvre que sont "M" et "Metropolis", il n'en reste pas moins un très grand film. Comme beaucoup de ceux tournés par Lang (mais on a vu pire comme "La Passion de Jeanne d'Arc" de Carl Dreyer), "Doktor Mabuse" n'a pas échappé aux coupures sauvages. Aujourd'hui, et selon les versions, la durée du film oscille entre 200 et 300 minutes (ayant la 1re fois vu une version de 2 heures, on n'y comprenait plus grand chose et pourtant la musique qui l'accompagnait était magnifique.) Film du mouvement expressionniste (même si Lang ne s'en sentait pas le porte parole) décrivant la lutte du bien contre le mal, l'échec de la République de Weimar, la quête du pouvoir par la destruction, la manipulation mentale, Mabuse n'est donc pas qu'un simple thriller montrant un procureur tentant de mettre derrière les barreaux un gangster. Lang (comme presque toujours) fait une étude psychologique de ses personnages. Mabuse est un joueur et ses jouets sont des êtres humains. Mabuse est un homme cruel, sans pitié, d'une froideur glaciale et doué d'étonnantes capacités intellectuelles au service du mal pour son propre bien. Evidemment c'est un film muet (ce qui peut en rebuter plus d'un) mais la précision et l'étonnante maitrise du montage, les plan rapprochés, le maquillage accentué de ses acteurs (excellents), l'usage des surimpressions pour ajouter un côté surréel au film apporte à celui-ci la parole que la technique d'alors ne peut lui donner.
Vous comprenez donc que ce fameux "Doktor" est un film à voir et à revoir pour en apprécier la multitude de détails. Reste à savoir si vous n'êtes pas réticent à regarder un film âgé de 80 ans, muet, d'une durée de près de 5 heures et en noir et blanc !
Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille de lire la critique, très complète, publiée sur le site Dvd Klassik.

lundi 12 avril 2010

The Mentalist


Ah oui ! Ah oui ! Oh oui....
La saison 2 de "The Mentalist" commence ce soir sur TPS Star ! Qu'il est beau Patrick Jane (Simon Baker) !

Flash Gordon


Il est temps de parler de Flash Gordon !
Il est évident qu'il n'a pas fait une aussi brillante carrière que Superman ou autres héros de Marvel…
Certes, et pour sa défense, les essais cinématographiques n'ont pas été réellement probants. L'adaptation des années 80 pâtit grandement de son acteur principal Sam J. Jones. Ne parlons pas de la série récente diffusée sur SyFy Channel… déplorable.
Flash Gordon semble, au cinéma ou à la télévision, un relatif échec contrairement à d'autres héros comme Superman, Batman, Spiderman et autres X-men. Non seulement les qualités des dessins et scenarii de ces derniers perdurent mais se sont valorisées (renforcées ?) avec le cinéma. "Renforcées" peut-être pas pour tous mais certainement "popularisées". Il n'empêche que retrouver l'originalité du créateur (ou en prolonger la veine) n'est pas chose évidente, surtout après des adaptations au cinéma.
Crée en 1933 par Alex Raymond (dessinateur entre autres de Rip Kirby, Secret Agent X-9 et Jungle Jim), l'attrait de l'un des premiers grands héros de l'âge d'or des Comics (avant Superman en 1938) est avant tout et essentiellement visuel. N'allez pas chercher des dialogues d'anthologie là-dedans (ce qui est un peu dommage), c'est surtout l'image qui rythme l'action. Je n'irai pas jusqu'à dire que les dialogues sont superflus (quoique, les "bulles" sont rares, c'est plutôt un texte narratif qui s'insère dans le dessin) mais si l'on transposait l'original au cinéma, on serait plus proche du muet (à condition, et heureusement, d'y ajouter de riches intertitres.) Il n'empêche. Le dessin d'Alex Raymond est nerveux, vif, élégant, vivant et imaginatif. De la très belle science-fiction.
Tout commence par l'arrivée d'une étrange comète mettant en péril la vie sur terre. Tandis que le Dr Hans Zarkov tente de mettre au point un système pour la faire dévier, on découvre Flash Gordon dans un avion transcontinental, diplômé de Yale et joueur de polo professionnel en compagnie de Dale Arden qui n'est encore qu'une simple passagère. L'avion, touché par une météorite, va pour s'écraser. Flash sauve Dale Arden pour se parachuter auprès de l'observatoire de Zarkov. Ce dernier, à demi fou, les prenant pour deux espions, les force à s'envoler avec lui dans une fusée afin de détourner la comète. C'est l'échec. Ils atterrissent sur la planète Mongo, empire de l'impitoyable Ming.
Flash Gordon ressemble par beaucoup à Buck Rogers ; en effet, le King Features Syndicate se devait de trouver un concurrent au personnage du National Newspaper Syndicate. Si Buck fut le premier héros de science fiction, Flash fut le deuxième. Il est vrai que l'Amérique a besoin de héros !
Quant à l'empereur Ming, je ne peux ne pas penser au Dr Fu Manchu (brillamment illustré au cinéma par Boris Carloff.) Incarnation du péril jaune tous les deux, ils incarnent la cruauté digne des supplices chinois les plus élaborés. Edgar P. Jacobs reprendra l'idée du péril jaune dans un de ses "Blake et Mortimer" : "Le Secret de l'Espadon" avec l'infâme Basam Damdu. Jacobs, suite à l'interdiction nazie de publier Flash Gordon, prendra un court moment la plume pour terminer l'histoire. "Le Rayon U" dessiné juste après en 1943 prend un peu du style de Raymond.
Et les femmes dans tout ça ??? Beaucoup, beaucoup, beaucoup docteur ! Il faut dire que Flash aime bien montrer ses pectoraux (un fabricant de chemises ferait fortune avec lui tellement il en déchire !) et que ce grand gaillard aux cheveux blonds ne manque pas de charme. Même s'il est fidèle à Dale (une belle jeune femme aux cheveux noirs à reflets bleus), beaucoup de charmantes jeunes femmes lui tournent autour (la fille de l'empereur Ming par exemple). Dale est un peu chiante parfois à cause de sa jalousie mal placée, un peu dinde aussi. Il n'empêche que Raymond rend ses filles sexy et que c'est bien agréable ;-)
(la planche ci-dessus est le premier strip de la série publiée le 7 janvier 1934)

P!nk


P!nk live at London Arena, Dec. 2006.

Si vous aimez le genre (et même si vous n'êtes pas un fan de P!nk), précipitez-vous sur ce concert en dvd. 90 minutes de véritable spectacle. Une voix, un physique (athletique), une présence, des danseuses... tout quoi ! Une pure merveille.

Jane Siberry


Jane Siberry est une auteur-compositeur canadienne née le 12 octobre 1955 à Toronto.

Après des études de biologie, elle débute sa carrière musicale en 1980-1981 avec un album éponyme autofinancé et auto-produit où elle est à la fois auteur compositeur et interprète. Malheureusement et injustement méconnue en Europe, Jane Siberry est une grande artiste. Sa voix est aérienne et pleine de poésie.

Son site internet : www.sheeba.ca

The Spirit


Bonjour à tous :-)

Même si le sourire de la ligne précédente n'est pas trop d'actualité, j'avais envie de parler de la bd récemment reçue (mercredi exactement) par courrier (merci à DC Comics pour la re-publication en tout cas.)

Il est possible sinon fort probable que peu d'entre vous connaissent Will Eisner. Moi oui (sinon je n'en parlerais pas ! pas con comme réflexion, non ? heu... bof)

Il y a longtemps, très longtemps, René Goscinny (L'auteur du Petit Nicolas avec Sempé, et Astérix le Gaulois avec Uderzo mais aussi rédacteur en chef du journal Pilote pendant une dizaine d'années) avait publié un dictionnaire de la bande dessinée. On y trouvait les pionniers (le suisse Caran d'Ache), les classiques américains (Lee Falk, Bob Kane, Stan Lee, Siegel et Shuster) ainsi que les Belges (Franquin pour ne citer que lui, et une pensée émue à Guy Peellaert avec la très "pop-art" et psychédélique Jodelle.) Parmi eux figurait "The Spirit". Des années plus tard, je retrouve ce justicier US en couleurs et en Anglais... le voici :

Le personnage d'Eisner est le héros typique des films noirs américains des années 40. Ce n'est pas un "super-héros" comme Batman ou Superman. The Spirit (de son vrai nom Denny Colt) est un criminologue et détective privé qui passera pour mort pour "mieux" rendre la justice avec la complicité d'un vieux flic fumeur de pipe nommé Dolan. Il est d'ailleurs assez amusant que dans bon nombre de cas, au cinéma ou dans les téléfilms, les "vieux" flics aient 20 ans de carrière. (Est-on vieux au bout de 20 ans de labeur ? Mais je m'égare comme disait Austerlitz.)

Ce qui est intéressant chez Eisner c'est qu'il ne veuille pas créer un film dessiné (sinon, autant faire un story-board) mais bien un "comic strip" court pour adultes faisant intervenir des personnages humains (parfois inhumains) sans super-pouvoirs. The Spirit est un mélange d'humour parfois acide, de noirceur, d'amour. On y trouve un chauffeur de taxi noir américain (avec un accent... mon dieu ! "He am nothin' ob de sort! he iz a powful busy man!") qui finira vite par être le chauffeur privé de Colt. Pourquoi je tombe toujours sur vous quand je hèle un taxi? demande Colt. Parce que je suis le plus rapide! répond Ebony White, le taxi. Il y a aussi quelques criminels bien sentis, psychopathes, chimistes et docteurs cinglés, femmes fatales (the mouthpiece Black Queen) une séduisante blonde nommée Ellen mais aussi des innocentes victimes du vice et du crime... il arrive parfois et à son grand désespoir que the Spirit ne puisse pas sauver la vie de ces innocents...

Contrairement aux super-héros, the Spirit n'a qu'un discret masque noir, un costume bleu, un chapeau et des gants. Il est grand, athlétique et sait se servir de ses poings. Son environnement (laboratoire et "home sweet home" est le cimetière abandonné de Wildwood (situé à New-York puis à Central City.)

Les aventures tiennent en une publication de 16 pages le dimanche. Les histoires sont donc courtes et n'ont pas de lien les unes aux autres (contrairement à Flash Gordon par exemple.) Ce que voulais Eisner, c'était la liberté. Travailleur acharné, il dessinera et écrira jusqu'à un age avancé et participera à moult conventions et retrospectives jusqu'à sa mort en 2005.

Vous pouvez aller visiter le site officiel de Will Eisner à cette adresse : www.willeisner.com