
Comment certifier que sa montre est un chronomètre ?
La réponse possible vient du COSC.
Qu'est-ce que le COSC ?
Fondé en 1973 dans ses structures actuelles, le COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres) est, aux termes du code civil suisse, une association sans but lucratif, reconnue d'utilité publique. Il a été crée par cinq cantons horlogers (Berne, Genève, Neuchâtel, Soleure et Vaud) ainsi que par la Fédération de l'industrie horlogère suisse. Il regroupe des laboratoires qui avaient été établis indépendamment les uns des autres dès la fin du 19ème siècle.
Ne pas confondre "chronomètre" et "chronographe" :
le chronomètre est une "Montre de précision réglée dans différentes positions et sous des températures variées, et ayant obtenu un bulletin officiel de marche" ; alors que le "chronographe" est une "Montre de précision, munie d'un compteur qui permet de mesurer et d'afficher des intervalles de temps."
Mauvaise publicité :
Dans le Journal Libération (mars 2009), on pouvait lire : Le publicitaire Jacques Séguéla qui avait défrayé la chronique début février en affirmant sur France 2 que "si on n'a pas de Rolex* à 50 ans, on a raté sa vie" achètera, après avoir présenté ses excuses sur l'antenne de Canal+ en avouant que "c'était la plus belle connerie de (sa) carrière", une Rolex* pour la mettre aux enchères chez Sotheby's au profit de trois associations.
Si la marque Rolex* n'avait pas été tant citée depuis longtemps (hormis la Daytona* présidentielle), l'adjudication fut misèreuse… 8.000 euros. Comme quoi, on peut être publiciste (ou publicitaire ?) et rater sa pub. On pourrait aussi reprendre les interrogations de Pierre Desproges : "Jacques Séguéla est-il un con ? La question reste posée…"
Un peu de technique et d'histoire :
La plupart des montres Rolex* en acier utilise le type 904L ; c'est un alliage parfois appelé acier inoxydable super austenitique. Il est composé essentiellement des métaux suivants :
Nickel : associé au cuivre il offre une très bonne résistance à la corrosion.
Chrome : métal dur de couleur gris acier-argenté. Il résiste à la corrosion et au ternissement et offre un fini brillant après polissage.
Molybdène : permet de durcir l'acier et renforce énormément la résistance à la corrosion (pour une utilisation en milieu marin par ex.)
Cuivre.
De plus, cet acier n'a pas de propriété magnétique.
Un petit historique :
1905 : Hans Wilsdorf crée à Londres une fabrique de montres.
1906 : Brevet déposé pour le bracelet extensible.
1908 : Fondation de la marque Rolex*
1910 : 1re certification des mouvements par le COSC.
1914 : installation à Genève.
1927 : première montre-bracelet étanche. La toute première date de 1885, appelée "L'Imperméable", elle était fabriquée par West End Watch Co.
Ce serait au cours d'un diner que Hans Wilsdorf, éprouvant une certaine difficulté à ouvrir des huitres, aurait souhaité avoir une montre aussi hermétique que celles-ci. Ainsi serait né la collection mythique "Oyster*".
Wilsdorf, qui était aussi un génie du marketing, sponsorise Mercedes Gleitze pour prouver l'étanchéité du modèle (la montre, pas la nageuse !). Miss Gleitze sera la première femme à traverser la Manche le 7 octobre 1927. Comme quoi, Wilsdorf était un maitre en publicité bien avant JS.
1928 : Première utilisation du "rotor" sur une montre-bracelet (procédé déposé le 23 décembre 1778 par l'horloger liégeois Hubert Sarton à l'Académie des Sciences) avec enroulement automatique dit "perpétuel".
1945 : première montre au monde à afficher le jour du mois.
1953 : première montre étanche à résister à une profondeur de 100 mètres.
Toujours conscient de l'importance du marketing, Rolex* sponsorise ou s'associe à bon nombre d'évenements artistiques mais surtout sportifs (la 1re ascension de l'Everest avec Edmund Hillary, le tournoi de tennis de Wimbledon, le record de vitesse automobile de Malcolm Campbell en 1935), la maison helvétique fait aussi appel à des ambassadeurs comme Diana Krall, Placido Domingo, Roger Federer, Jackie Stewart, Hermann Maier ou encore Tiger Woods.
D comme Datejust* :
Le modèle Datejust* existe en plusieurs tailles : 26 mm. (lady-datejust*), 31 mm., 36 mm. et 41 mm. pour le dernier modèle (datejust II*). Toutes possèdent un mécanisme à 31 rubis, sont étanches jusqu'à 100 mètres, certifiées chronomètre à mouvement automatique. Les métaux utilisés, que ce soit boitier, bracelet ou encore lunette, vont de l'acier jusqu'au platine. Il existe aussi le Rolesor* par la combinaison de deux métaux (l'or blanc, jaune ou Everose* et l'acier par exemple.) L'Everose* est un alliage déposé par Rolex* combinant l'or à 76%, le cuivre à 22% et le titane à 2%. Contrairement à l'or rose traditionnel (contenant du zinc à 2%), le titane procure à l'alliage, selon Rolex*, l'inaltérabilité et le maintien de la couleur rose.
Le modèle Oyster* est décliné en plusieurs variantes. Hormis le type Air-King*, Perpetual*, Date*, Datejust*, Day-Date* qui sont des montres de tous les jours à l'allure sportive, d'autres ont un côté plus spécifique ou professionnel :
L'Explorer II* est capable de lire sur 2 fuseaux horaires très facilement.
La Submariner* à lunette tournante pour le contrôle du temps de palier de décompression étanche jusqu'à 300 m.
Deepsea* : montre de grande plongée (étanche jusqu'à 3.900 m.) avec fermoir aisément adaptable à la combinaison de plongée et valve d'échappement.
GMT-Master* : semblable à l'Explorer* en plus d'une lunette céramique avec chiffres gravés en creux et protection du remontoir.
Yacht-Master* : semblable à l'Explorer* mais avec lunette tournante gravée en relief et protection du remontoir.
Yacht-Master II* & Regata* : Chronographe de régate avec programmation et synchronisation de compte à rebours (de 0 à 10 mn.), lunette tournante et protection de la couronne de remontoir.
Cosmograph Daytona* : Chronographe, lunette graduée pour la lecture instantanée de la vitesse horaire etc., poussoirs à vis, protection de la couronne de remontoir.
Milgauss* : chronomètre automatique paramagnétique (résistant à 1000 gauss - d'où le nom) avec possibilité d'avoir une glace en saphir vert (le gauss est une unité de mesure du champ magnétique. Par comparaison, le champ magnétique terrestre est de 0,5 gauss, celui d'un petit aimant est de 100 gauss.) La Milgauss*, créée en 1948, fut abandonnée en 1988 à cause de son échec commercial. Curieusement, la cote grimpa de manière vertigineuse peu après. La Milgauss* fut "remise en service" en 2007. Elle est très reconnaissable par sa trotteuse orange en forme d'éclair. D'un diamètre de 41 mm. pour 147 grammes, elle n'existe qu'en acier à cadran blanc ou noir.
Par son succès et sa qualité de fabrication, les montres de la société suisse sont victimes de la contrefaçon (c'est d'ailleurs une des marques les plus ciblées dans ce domaine.) ; tellement que si vous en portez une, on vous demandera si elle est authentique.
Les quelques reproches que je pourrais faire à cette maison est l'utilisation du quartz pour un de ses modèles de la gamme Cellini* mais aussi la mauvaise habitude de transformer des montres de sport en bling-bling à diamants dignes d'émirs du moyent-orient (il y en a tellement parfois qu'on ne verrait presque plus l'heure) ou des gros modèles tout en or dignes de "démocratiques" dignitaires africains.
L'ultime et peut-être le plus sévère reproche est le manque d'innovation aujourd'hui. J'ai l'impression que la société helvétique s'endort sur ses lauriers : à quand des mouvements à complications ? Rien que pour le plaisir des yeux, allez faire un tour chez Patek Philippe pour admirer la Sky Moon Tourbillon 5002P ou chez IWC avec la Grande Complication 3770.
* : sauf erreur ou omission, toutes les appellations en italique suivies d'un astérisque sont déposées et appartiennent à Rolex SA.
Références : COSC ; Dictionnaire Larousse ; Rolex ; Journal Libération ;

Tu vas te mettre à la plongée, petit cachottier ;-D
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