lundi 4 avril 2011

mais alors laquelle ?

Oui, laquelle ?
Avant tout, ça finit par être saoulant d'entendre et de lire que Rolex c'est bling bling, c'est de l'industriel, aucune innovation technologique, c'est un luxe de parvenu, ce n'est que pour des "people" qui ne connaissent rien à l'horlogerie, etc.
Déjà, on ne reproche pas à quelqu'un d'avoir une voiture à 30.000 € (alors qu'il en existe à 20.000 € ou moins), d'avoir une maison à 200.000 € (alors que la même située à 10 kms est 20% moins chère), etc.
Enfin, "horlogèrement" parlant, on n'achète pas une des montres de la marque pour ses complications… d'autres (aussi connues d'ailleurs) le font parfaitement bien ; il est donc vain de lui opposer Patek-Philippe, Zenith ou Jaeger-Lecoultre (même si une petite complication en développant les modèles de la collection Cellini serait la bienvenue.) J'ajoute que les trois marques pré-citées font quasiment leurs propres mouvements contrairement à la majorité des autres "fabricants" (méchamment je dirais "assembleurs") qui, au mieux, retravaillent des mouvements ETA, Valjoux & Unitas, au pire ne font que les emboiter en ne changeant rien (sauf ajouter leur marque sur le mécanisme). Enfin, malgré une augmentation de 10% en septembre 2010, bon nombre de leurs modèles, tous faits "maison", sont d'un rapport qualité/prix excellent.
Maintenant que c'est fait, passons à ce qui m'intéresse :
Les trois modèles mytiques sont basés sur l'Oyster, ce fameux boitier étanche qui fit la renommée de la marque.
  • Oyster Perpetual : Lady Oyster, Oyster, Day-Date et Air King (les 2 premiers sont disponibles avec ou sans date) et toutes ont un mouvement automatique (perpetual) ; il y a eu des modèles à mouvement à quartz mais il ne sont plus au catalogue depuis 2002-2003 (à confirmer).
  • Oyster "professionnal" : Submariner, Deepsea, GMT Master, Milgauss, Explorer, Daytona, Yacht-Master.
Le grand classique c'est l'Oyster Perpetual (avec ou sans date), indémodable & indestructible. L'énorme avantage c'est la multitude de cadrans disponibles ; une personnalisation pour un garde-temps inusable ou presque. Montre "sport" avec son bracelet en métal, elle peut aussi aller au bureau, sortir le soir au théâtre, à l'opéra, se rendre à un diner mondain, piquer une tête dans la mer du Nord, faire du ski, de l'escalade, ou votre jardin et pourquoi ne pas simplement pique-niquer en foret avec vos enfants.

Le second grand classique, c'est la Submariner. Montre de plongée (étanche jusqu'à 300 mètres), c'est la reine de sa catégorie depuis 1953. Malheureusement, elle est bien trop souvent copiée par d'autres marques et surtout trop souvent contrefaite. "C'est une vraie ?????" demandera-t-on à son propriétaire. Beaucoup trop reconnaissable et beaucoup trop rabaissée. Malgré ses améliorations au fur et à mesure des ans (étanchéité accrue, date, spiral Parachrom (paramagnétique), lunette Cerachrom (céramique), bracelet aisément ajustable), il devient difficile de justifier un tel achat. Ne parlons pas des modèles anciens qui parfois atteignent des prix affolants et donc déraisonnables. Montre mythique certes mais uniquement réservée aux collectionneurs.

Le troisième et grand classique, c'est l'Explorer, créé pour célébrer l'ascension de l'Everest en 1953 par  Edmund Hillary & Tenzing Norgay (possesseurs à l'époque d'une Oyster classique). D'abord en 36 mm., son diamètre passe à 39 mm. l'an passé en raison de l'embonpoint à la mode d'autres marques (initiée hélas par Panerai & un petit passage de Sly en Italie). Il n'est pas question de perdre des clients ! C'est ainsi que l'Explorer II, l'autre Explorer en un peu plus "compliquée", se met aussi à grossir en passant aujourd'hui de 40 mm. à 42 mm.
Contrairement à l'Explorer (inchangée depuis sa création hormis sont récent et petit embonpoint), l'Explorer II fête son 40e anniversaire au salon de Bâle 2011 avec 2 mm. de plus. Une nouvelle fois, la mode passe par là… l'esprit (commercial?) "vintage" par la même occasion avec son aiguille 24 heures de couleur orange (un rappel du 1er modèle de 1971). Vantant la création d'un nouveau mécanisme (le 3187 qui n'est qu'en fait rien moins qu'un simple changement de spiral et d'amortisseurs de chocs), la maison genevoise reste à la pointe du marketing… deux fois hélas. Le prix prendra évidemment, lui aussi, de l'embonpoint (la 40 mm. étant tarifée à 5.285 €). 
Quoique que très beau modèle, celui-ci vaut-il la chandelle ? Probablement non. Les aiguilles semblent obèses et la 24 heures de couleur orange sent la trop peinture et fait assez plastique… un comble du mauvais gout pour une montre de ce prix. Rolex n'est d'ailleurs pas toujours un modèle de classe pour certains de ses garde-temps (quelques Daytona, Datejust Royal Pink & Black en sont à mes yeux les pires exemples, en plus d'être les plus mal portés). Si vous voulez vous offrir une belle montre, prenez une Explorer II à 40 mm. La taille de ses aiguilles est raisonnable, elle a l'avantage de la GMT mais n'a pas de lunette tournante (2 fuseaux horaires au lieu de 3), la date (à condition d'aimer le cyclope - l'Explorer I ne l'a pas), son bracelet en acier brossé craint beaucoup moins les rayures (contrairement aux nouveaux "brossés-polis" excessivement fragiles), l'avantage du cadran blanc rend la lecture de l'heure très visible et souffre moins du saphir non traité anti-reflet (très gênant avec un cadran sombre qui fait effet miroir), les gros indexes en Luminova sont très efficaces pour voir l'heure la nuit (ou lors d'une plongée sous-marine si ça vous chante comme disent les sirènes). Un cadran blanc car l'essentiel des montres "sport" ou autres "toolwatch" ont un cadran généralement noir. L'effet grossissant du blanc, les gros poignets apprécieront (il y en a !) ; sans effet mastoc ou envahissant sur d'autres plus minces. Une fine aiguille 24 h. rouge à la fois visible et discrète. Ma seule peur, c'est le fermoir du bracelet, j'espère que Rolex a définitivement mis au rebut son horrible bout de tôle pliée ! (mais ça, à première vue, c'est loin d'être gagné…)
Jolie fille, non ?

Dernières remarques : si vous n'avez pas d'énormes moyens - il faut quand même lâcher ou allonger la soudure ! - tentez l'occasion sur une Explorer 36 mm. pendant qu'il en est encore temps car il se peut que l'occasion se transforme en collection. Montre sobre, polyvalente, élégante et pratique par excellence. Elle n'a pas les atours que je remarque et désire chez sa petite "grande" soeur mais je suis partial car déjà propriétaire d'une Air King & d'une Datejust… jamais deux sans trois… on appelle ça une CHI (Compulsion Horlogère Irrépressible).
Certes, la qualité photo n'est pas au top (iphone 4 faible zoom) mais voici une de mes chéries (modèle Rolesor gris, bracelet jubilé, fermoir crownclasp) :

Et pour savoir qui a fabriqué le mouvement de votre montre chérie : Vintageure (site danois présentant de nombreuses marques avec les mouvements correspondants).

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